Intervention de Katell FAVENNEC et de Marie-Annick BENATRE au conseil municipale de Nantes du 03 avril 2015 sur le débat pour l'égalité.

Intervention de Jean-Jacques MOREAU au conseil municipale de Nantes du 03 avril 2015 sur le renouvellement du conseil Nantais pour l’accessibilité Universelle.

Intervention de Robin SALECROIX au conseil métropolitain du 06 février 2015 sur la refonte du dispositif de la tarification solidaire sur le réseau de transports collectifs de Nantes Métropole.

A Nantes, 100 à 150 migrants arrivent chaque année sur le territoire de la ville. Cette réalité soulève bien des questionnements interpellant l’ensemble des acteurs locaux : quelle politique d’accompagnement de ces migrations, quel hébergement, quelles démarches d’insertion sociale, professionnelle, quels droits ? Les élu(e)s communistes actent de façon positive le fait que la ville s’engage à mettre en mouvement l’ensemble des acteurs locaux autour d’une table ronde afin de dégager des solutions. Mais il faut bien reconnaître que l’Etat a une responsabilité essentielle. Celui-ci ne nous donne pas les moyens d’accueillir dans des conditions dignes ces populations. Comme nous en faisons l’expérience ici, à Nantes, avec le manque cruel de logements pour les migrants. Sans justice sociale, sans solidarité, il n’y aura pas de réponse à la hauteur des enjeux soulevés par cette question de l’intégration.

Le débat d’orientations budgétaires lors du conseil municipal de décembre avait montré la difficulté pour l’ensemble des collectivités locales, à préparer leur budget dans un contexte économique et financier particulièrement pénalisant. La République, son école, le lien social, la vie de nos quartiers, le rapport avec les institutions, le lien à la Nation, tout cela est ré-interrogé.  Les élu(e)s communistes l’avaient déjà exprimé : les dépenses de fonctionnement dont celles de personnel qui en représentent 52 % ne sont pas un coût à réduire comme la droite nous y invite, mais un investissement dans l’avenir pour permettre de développer nos politiques de cohésion sociale, d’éducation. Les investissements d’aujourd’hui sont les emplois de demain. Les élu(e)s communistes restent attentifs à ce que l’évolution de la masse salariale de descende pas au dessous de 2 %, condition essentielle garantissant un bon niveau de service public. C’est dans cette optique que les élu(e)s communistes ont voté ce budget.

Dans un contexte où notre société traverse une grave crise de légitimité de l’action publique, les élu(e)s communistes partagent la volonté municipale de faire évoluer le dialogue citoyen dans la ville de Nantes. Participer à la vie de la cité exige pour les citoyens de disposer de temps pour s’impliquer, exercice difficile pour nombre de salariés. Nombre d’exemples existent dans les collectivités locales de la prise en compte d’outils de démocratie dite « semi directe » : universités populaires, référendums d’initiative populaire, budgets participatifs… Des dispositifs qui redonnent du sens, en permettant à  chaque citoyen, quelle que soit sa condition sociale, son origine d’être acteur de son destin.

La ville a su maintenir un service public de qualité dans un contexte de ressources en perte de dynamisme : c’est 420 millions d’euros qui ont été investis sur le territoire nantais de 2008 à 2013. La réaffirmation de ce choix à l’occasion de ce débat d’orientations budgétaires pour 2015 nous paraît donc nécessaire.

En effet, le budget 2015 de l’Etat confirme le cap libéral que l’exécutif a choisi et assume. Le soutien à la compétitivité des grands groupes financiers est devenu la priorité au détriment des moyens consacrés aux besoins humains, aux services publics, aux dépenses sociales, aux équipements et services de proximité sur nous mettons en œuvre dans nos collectivités.

La première priorité est de garantir en matière de fonctionnement les emplois et les postes nécessaires à l’accomplissement d’un haut niveau de service public. La seconde est d’assurer un niveau d’investissement élevé et comparable à celui des six dernières années, c'est-à-dire 400 millions d’euros d’ici 2020.

En février dernier, l’Assemblée nationale a définitivement adopté la loi de programmation pour la ville et la cohésion sociale. Ce texte en finit avec les zones urbaines sensibles (ZUS) et les contrats urbains de cohésion sociale (CUCS). Tous ces acronymes sont remplacés par un unique classement : les « quartiers prioritaires », qui sont au nombre de 1 200.

Les élus communistes apprécient une évolution législative garantissant la solidarité nationale et locale envers les quartiers défavorisés et leurs habitants, rompant ainsi avec le dispositif Borloo. Il nous faudra être attentif à leur traduction dans les plans d’actions, dans un contexte budgétaire tendu pour nos collectivités, compte tenu de la diminution de moitié par l’Etat des quartiers prioritaires et par moitié également des moyens consacrés. La précarité de masse, le chômage, la pauvreté restent des plaies endémiques  contre lesquelles les pouvoirs publics ont la responsabilité de lutter.

On retrouve des fondamentaux bien contestables dans le rapport de la Chambre régionale des Comptes qui propose de soumettre Royal Deluxe à la sacrosainte « concurrence libre et non faussée ». C’est évidemment abscond puisqu’il s’agit non pas de fournir un spectacle après l’appel d’offre mais d’accueillir en résidence une compagnie dont le rayonnement n’est plus à prouver, qui se marie aujourd’hui à l’identité de la ville et dont l’impact économique de la dernière représentation a été de 3 millions d’euro pour un financement de la ville d’un million d’euro.

Notre région bénéficie d’une véritable filière culturelle avec 446 millions d’euros, avec 4065 salariés et 2350 intermittents, auxquels je veux adresser à nouveau tout notre soutien dans le combat courageux qu’ils mènent pour protéger leur statut et la création culturelle. Le rapport laisse parfois entendre que les montants affectés sont inéquitables, voire hasardeux ou disproportionnés. Revenons à la réalité, dans la 6e ville de France, le montant total du budget culture est au 6e rang national.  Peut-on s’étonner qu’une scène nationale (Lieu Unique), qu’un opéra ou qu’un orchestre national, dans une ville bénéficie de larges financement ? D’autant que la chambre régionale des comptes note elle-même que ce sont dans ces structures que la part spectateur est la plus basse. Voilà donc un effet tarifaire immédiat lié à des choix publics en plus du dispositif Carte Blanche ou encore les grands évènements gratuits comme les RDV de l’Erdre ou les spectacles Royal Deluxe qui touchent un public large et différent des usagers et abonnés des lieux de culture. Dans le nouveau cycle impulsé par la nouvelle majorité, nous voulons revisiter nos politiques culturelles et nous voulons le faire dans la sérénité, dans le dialogue permanent avec les acteurs, sans opposer les structures et sans pression d’aucune sorte. 

​La création de la monnaie locale SoNantes sur la ville de Nantes, est pour les élus communistes une démarche intéressante permettant de défendre les principes liés à l’économie sociale et solidaire Nous pourrions ajouter qu’en période de crise, dans un contexte macroéconomique particulièrement dégradé, la création d’une devise locale complémentaire permet à l’économie réelle de continuer à fonctionner et aux habitants de répondre à leurs besoins les plus primaires : manger, se vêtir, se loger, se déplacer, se chauffer….  L’histoire du Crédit Municipal de Nantes trouve là une nouvelle étape venant se greffer à d’autres activités sociales développées ces dernières années : microcrédits, rachat de crédits, financement des associations, épargne solidaire. Le prolongement de ces missions au service du développement économique du territoire intégrant un projet de monnaie locale va à cet égard plutôt dans le bon sens. C’est pourquoi les élus communistes soutiennent la démarche.

 Il convient cependant de nuancer notre appréciation globale sur le phénomène des monnaies locales. Ainsi, dans un contexte de difficultés croissantes de nombre de nos concitoyens, il est clair qu’en toile de fond, se pose la question du pouvoir d’achat, avec ou sans monnaie locale. En outre, la question se pose des publics que cela va concerner : quels utilisateurs, quels commerçants pour répondre à quels besoins ? Il y a là selon nous un vrai enjeu de démocratisation. Pour autant, les élus communistes soutiennent ce projet en l’inscrivant dans la perspective d’un projet démocratique, d’un outil d’éducation populaire visant à inciter les gens à se réapproprier leur argent, en leur permettant de  prendre conscience que la monnaie est un objet politique.

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